jeudi, 10 septembre 2009

Minusman, de Nathalie Brisac, Ecole des Loisirs

C'est un petit livre qui se lit en 10 mn, donc parfait pour des CE1.

Le héros, Isaac, en a assez de l'injustice qui le poursuit : son frère lui pique le Nutella, la maîtresse le prive des "services" les plus intéressants, Juliette, son amoureuse, ne joue pas avec lui.

Mais un jour, la maîtresse propose une rédaction qui va changer sa vie : écrire une lettre à Yapa, gentille sorcière qui va lui fournir la formule magique susceptible de l'aider.

Ce qui est amusant, c'est que la lettre de la sorcière qui sert de "déclencheur" à la rédaction ressemble furieusement à celle des évaluations nationales des années 95 et quelque chose. Comme quoi l'inspiration peut vraiment se servir de tout ce qui passe...! (L'auteur semble avoir été professeur d'école dans une autre vie).

A part ça, le roman est gentillet, l'humour à la portée des plus jeunes. Le tout est un peu "didactique" mais bon, on ne va pas chipoter. Apparemment, Minusman est en passe de devenir un héros récurrent puisque j'ai vu sur Internet deux titres : Le grand voyage de Minusman et Minusman et les 100 papiers.

Sur le site de l'auteur, vous trouverez les articles qui l'ont félicitée (normal...) dont celui, dithyrambique, de Philippe Meirieu soi-même !!

vendredi, 29 mai 2009

Dans la gueule du loup, Fabian Negrin, Editions du Rouergue

dans la gueule du loup.jpgCette fois, le narrateur est le loup. Et il n'a jamais vu de petite fille ni même d'humain. Quand il rencontre le PCR, il en tombe raide amoureux. Cette version est amusante mais aussi presque émouvante parfois (le loup pleure et crie à la lune quand le PCR lui tombe dans l'estomac, par accident, en trébuchant sur les pantoufles de sa grand-mère).

Les illustrations sont magnifiques. Le PCR a un très long chaperon pointu, comme celui de Clément.

Le loup traverse une page du livre pour arriver plus vite chez la grand-mère ("un raccourci connu de lui seul") : un peu de "métalittérature" ne nuit pas. (cf. Les trois cochons de Wiesner).

Seule la chute me parait superflue : je crois que j'aurais préféré que l'album s'achève sur l'évocation du loup-ange.

samedi, 02 mai 2009

Le livre des débuts d'histoires, Kristin Kladstrup, Nathan

Ce pourrait n'être qu'un conte sur un roi qui aime trop les chats, une reine qui aime trop les oiseaux, sur un magicien plus ou moins adroit, sur une capitaine de bateau (une, oui) dont l'équipage est constitué d'orphelins.

Mais c'et aussi un livre sur la façon dont on crée les histoires, sur les dangers de l'imagination, sur le retentissement des disputes des parents sur les enfants, qui les prennent au sérieux, sur les paradoxes temporels.1-Kladstrup.gif

Cela pourrait donc être génial. Ce n'est que divertissant. Sans doute pour ceux qui aiment les récits d'aventures est-ce un livre bien construit, plein d'action et de rebondissements. Mais honnêtement, j'ai eu hâte que ça se termine.Cela ressemble un peu, en moins bien, au livre de Mourlevat, Le combat d'hiver, que j'ai lu... cet hiver mais dont je n'ai pas parlé.

Peut-être est-ce une nouvelle période "ronchon" qui commence !

Anne-Marie Mercier-Faivre, elle, a aimé. Ricochet est, comme moi, un peu plus partagé.

mercredi, 29 avril 2009

Sèvres-Babylone, Gérard Carré, Syros Jeunesse

51FR1841C8L._SS500_.jpgCe court roman pourrait très bien faire le pendant de Les doigts rouges. Au lieu que le lecteur se fasse piéger, il voit comment une fausse accusation peut se préparer de toutes pièces.

Et ce parti pris de narration est d'autant plus réussi que le héros du livre est un écrivain qui écrit un roman qui s'appelle... Sèvres-Babylone.

L'émotion n'est pas non plus absente; donc, tout est parfait !

mardi, 28 avril 2009

Nom d'un oeuf! Béa Deru-Renard, Catherine Pineur, Pastel

pineuroeuf.jpgDiable, la vie est dure dans le poulailler...

Encore une histoire de vengeance et de jalousie, qui se termine de façon assez immorale, malgré les illustrations toutes mignonnes, quasi duveteuses.

Encore une histoire de "vilain pas beau" comme dirait Tauveron, thème privilégié chez les volailles (1), sans doute à cause du grand ancêtre Andersen. Cf. Poulette crevette (Françoise Guillaumond), Le petit chapon rond rouge, Poussin noir (Rascal).

(1) Bon, d'accord, il y a quand même d'autres animaux qui tiennent ce rôle : Pilotin (Léo Lionni), Okilélé (Claude Ponti), par exemple.

dimanche, 26 avril 2009

Sur les trois heures après dîner, Michel Quint, Scripto

surlestroisheuresaprsdner1.jpgJ'ai aimé. Beaucoup, beaucoup.

Bon, d'accord, comme le suggère la critique de Ricochet, on n'est pas loin du mélo (ce que reconnaît l'auteur lui-même, d'ailleurs). Mais halte à la bienpensance qui rend obscènes les grandes et belles émotions, excessives. Cela fait du bien, cette description de la passion adolescente. De la passion tout court.

Et de toute façon, il y a l'écriture qui fait la différence: le jeu de miroirs subtil avec Cyrano. Peu surprenant quand on lit sur le site d'Educnet un extrait d'une interview de Michel Quint: "le théâtre est aussi un contrepoids au réel et même plus que cela, une élucidation, un monde des ombres parallèle qu'il faut aller interroger comme dans l'Odyssée : on est sans arrêt en train d'aller voir dans ce monde de l'illusion ce qu'il en est du réel et ce qu'il en est de la vie qu'on a l'impression de vivre."

Et il y a la langue. Superbe car c'est la syntaxe qui est poétique. Pas de vocabulaire sorti de derrière les fagots, pas de métaphores. Juste la syntaxe et c'est magnifique. Démonstration :

"Il est trois heures d'après-midi maintenant, et c'est un autre anniversaire, où, chaque jour, la nuit me vient en dedans."

"Pas si grand, la trentaine à peine passée, des allures d'aventurier revenu de toutes les élégances, tout le cheveu blond en tempête, ce type était un immense sourire." (Bon, d'accord, il y a des métaphores, mais tellement naturelles qu'on croirait qu'elles n'en sont pas)."

"... à me donner des urticaires de jalousie s'ils n'avaient été si beaux ensemble, mes salauds qui s'aimaient, et si intouchables de cet amour..."

"... personne ne s'y est trompé, qu'on n'avait pas joué, juste vécu là tout ce qu'on pouvait avoir de vie ensemble, et c'était plus le prof et l'élève à leurs yeux, rien que deux vies confondues quelques instants et qui ne tiendraient plus que de ce souvenir jusqu'à la mort..."

"un être était là qui nous hanterait et ferait de nous ce que nous serons, éternellement, par-delà les beaux et vrais mirages du temps qui nous accompagne, un être, qui nous est entré au coeur à jamais."

 

samedi, 25 avril 2009

Le petit chapon rond rouge, Claude Marie, Motus

Un petit conte glacé, un peu dans la lignée de La vengeance de Germaine. Les illustrations, au trait allusif, arrivent à procurer des émotions très fortes avec trois fois rien : Maman poule et son poussin serrés l'un contre l'autre, le loup... (alors même que le parti pris de cette collection est de faire faire les illustrations par les auteurs, dont ce n'est pas le métier).petit chapon.gif

Encore un livre réussi chez cet éditeur qui avait déjà publié, dans la collection "Mouchoir de poche", Un n'oiseau des z'oiseaux, de Chantal Dupuy-Dunier ou le terrible Noémie lit et crie et bien d'autres perles noires.

Le passager de l'orage, Claire Gratias, Syros

119_ciel-orage.jpg
C'est un bon livre, à la frontière entre fantastique, policier et thriller. passager_orage.jpg

Le style n'évite pas toujours les lieux communs (volontaires? genre: "Nat tenta de tirer la porte vers lui, secoua la poignée, en vain. Il l'actionna de nouveau mais elle semblait coincée") mais la description de l'orage est assez réussie et surtout, le personnage central du roman est  attachant, meurtri par un secret.

La chute m'a beaucoup plu mais me pose quand même un problème narratif "grave", dont j'aimerais discuter avec ceux qui ont lu le roman. Quoique, peut-être, ... bref, j'aimerais partager ma petite (très petite, à vrai dire) idée avec quelqu'un!

Une analyse très pertinente sur le blog passiondeslivres ou chez Clarabel.

vendredi, 24 avril 2009

Animaux trouvés au coin d'une page, Jean Zéboulon, Etre

Le titre me paraissait de bon augure.chat zeboulon.jpg

Les illustrations sont superbes : elles rappellent les anciennes gravures des livres scientifiques et fleurent bon le cabinet de curiosités.

Mais les textes m'ont moins accrochée. Certains sont humoristiques : "Avec sa haute taille, la girafe est un animal très prisé des petits et des grands. Mai le succès ne lui monte jamais à la tête, il s'épuise en chemin." Mais parfois, l'humour semble un peu laborieux.

On croirait du Jules Renard, je crois que j'aime mieux Jules Renard...

mercredi, 22 avril 2009

Un petit chaperon rouge, Claude Clément, Isabelle Forestier

Modernisation, mais pas gratuite.clément pcr.jpg

Le PCR habite dans la cité des Bergeries (contrairement à ce que les stéréotypes pourraient laisser croire, ce n'est pas là que gît le danger: au contraire, le PCR y rencontre ses amis, qui s'inquiètent pour elle et lui font toutes sortes de recommandations).

Une image montre combien elle est l'héritière de sa grand-mère : toutes deux se ressemblent tellement, quand elles se regardent dans le miroir! Mais cette piste ne sera plus guère exploitée.

Spécificité de cette histoire: le PCR refuse d'aller rejoindre le loup dans le lit (ce qui fait penser que dans les autres versions, elle savait pertinemment qui était sous les draps...) et elle réussit à s'échapper. Ce qui n'empêche qu'elle soit traumatisée au point de s'enfermer dans le silence.

Tout cela est un peu didactique mais les illustrations, quoique violentes, sont belles. ("Au lieu de garder l'incident secret, tout le monde décida d'en parler, afin qu'il ne se reproduise pas.")

Le site de Claude Clément.

Toutes les notes