mardi, 25 août 2009

Hugo et l'actualité

les tyrans sur la terre échappent à la peine
par l'immensité du forfait

voir Autour des Contemplations, René Journet et Guy Robert, Les Belles Lettres, p.93

lundi, 24 août 2009

Un souvenir de Victor Hugo après la mort de sa fille, Léopoldine

Le soir, à la clarté des lampes,
Je sentais, sans lever les yeux,
Ses petites mains sur mes tempes
Qui jouaient avec mes cheveux.

1846?

(voir Autour des Contemplations, René Journet et Guy Robert, Les Belles Lettres, p.66)

Projet d'épitaphe de Victor Hugo

Ci gît quelqu'un qui dort après avoir veillé,
Et se repose ayant rudement travaillé ;
Et qui
Dans ce monde où sujets et rois, chefs et soldats,
Se donnent tour à tour le baiser de Judas
Le reçut de plus d'un sans le rendre à personne.

2 octobre 1837

(voir Autour des Contemplations, René Journet et Guy Robert, Les Belles Lettres, p. 57)

dimanche, 12 avril 2009

Mon autographe de Victor Hugo (1)

autvh.JPG

Pour le voir en plus grand, cliquer sur l'image

Mon père me l'a offert il y a longtemps.

Je le sors de temps en temps pour le montrer, le regarder mais je n'avais jamais, bizarrement, cherché à déchiffrer à la loupe ce qui était écrit.

Je n'arrive pas à tout comprendre. Mais je vais m'obstiner ! ou demander de l'aide... Voici pour l'instant ce que je peux indiquer. C'est le premier jet, sur une enveloppe (M. Victor Hugo et sa famille. Suivent un prénom, Alexandre, et une signature. ) du poème "A l'obéissance passive", Châtiments, II, 7, celui qui commence par "O soldats de l'an deux!"

1) Par rapport à la strophe publiée (II, 6),

"O soldats de décembre! ô soldats d'embuscades
Contre votre pays! honte à vos cavalcades
Sur Paris consterné !
Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare;
Ils bravaient, en chantant une haute fanfare,
La mort, spectre étonné."

on peut lire

Honte au (un mot barré) sabre payé!

Pour ce qui est du dernier vers, je ne reconnais pas "la mort".

Le dernier mot est "effrayé;"

2) Par rapport à la strophe suivante (II, 7)

"Vos pères combattaient les plus fières armées,
Le Prussien blond, le Russe aux foudres enflammées,
Le Catalan bruni;
Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce!
Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse;
Vous prenez Tortoni!"

il y a eu une hésitation entre "combattaient" et "affrontaient". Au-dessus de "foudres", je crois lire "aigles".

Allez, d'autres révélations au prochain numéro !

Voici Hugo en 1853, date de création du poème en question:

 

hugophoto1853.jpg

dimanche, 22 février 2009

Victor Hugo est-il mort ?

"On prétend que Victor Hugo est mort [...] Mais un observateur impartial en douterait. Hier encore, on s'attaquait à lui comme à un simple vivant. On essayait de l'exterminer. C''est là une grande preuve d'existence."

Valéry, "Victor Hugo créateur par la forme", cité dans Durand, P., L'art d'être Hugo, Actes Sud, p.200

vendredi, 02 janvier 2009

Hugo "symboliste"

... selon du moins l'idée (qui ne date pas d'hier et qui est sans nul doute à actualiser, vérifier, rectifier...) que je me fais de la poésie symboliste. Encore un pain sur la planche...

J'aime en un lit de mousses
Dans un air espagnol,
Quand mes compagnes douces
Du pied rasant le sol
Légion vagabonde
Où le sourire abonde,
Font tournoyer leur ronde
Sous un grand parasol.

"La captive", Les orientales, 7 juillet 128, III, p.533 (édition Jean Massin)

jeudi, 01 janvier 2009

A un passant (poème fantastique)

Un bel exemple du genre fantastique, dans le domaine de la poésie: Odes et Ballades, Victor Hugo159.jpg

Voyageur, qui, la nuit, sur le pavé sonore
De ton chien inquiet passes accompagné,
Après le jour brûlant, pourquoi marcher encore ?
Où mènes-tu si tard ton cheval résigné ?

 

La nuit ! – Ne crains-tu pas d'entrevoir la stature
Du brigand dont un sabre a chargé la ceinture,
Ou qu'un de ces vieux loups, près des routes rôdants,
Qui du fer des coursiers méprisent l'étincelle,
D'un bond brusque et soudain s'attachant à ta selle,
Ne mêle à ton sang noir l'écume de ses dents ?

 

Ne crains-tu pas surtout qu'un follet à cette heure
N'allonge sous tes pas le chemin qui te leurre,
Et ne te fasse, hélas ! ainsi qu'aux anciens jours,
Rêvant quelque logis dont la vitre scintille
Et le faisan, doré par l'âtre qui pétille,
Marcher vers des clartés qui reculent toujours ?

 

Crains d'aborder la plaine où le sabbat s'assemble,
Où les démons hurlants viennent danser ensemble ;
Ces murs maudits par Dieu, par Satan profanés,
Ce magique château dont l'enfer sait l'histoire,
Et qui, désert le jour, quand tombe la nuit noire,
Enflamme ses vitraux dans l'ombre illuminés !

 

Voyageur, qui, la nuit, sur le pavé sonore
De ton chien inquiet passes accompagné,
Après le jour brûlant, quand le repos t'invite
Où mènes-tu si tard ton cheval résigné ?

 

    • 22 octobre 1825 (II, p.768, des Oeuvres complètes, publiées par Jean Massin)

lundi, 24 juillet 2006

Hugo avait des problèmes de star...

Lettre à Paul Meurice, le 24 juillet 1862

 Pour pondérer la pluie de lettres pendant mon absence, voudrez-vous faire publier dans Le Siècle ou La Presse quelque chose comme ceci :
" Sur l'avis des médecins qui lui ont conseillé le changement d'air après le grand travail des Misérables, M. Victor Hugo a quitté Guernesey pour un voyage de quelques semaines."
(Je n'en voyagerai pas moins fort incognito.)

mercredi, 12 juillet 2006

Qui a dit que Hugo était "pompier" (suite) ?

Poème de "Les quatre vents de l'esprit"

 

Je voudrais bien savoir où l'on trouve une aurore
Pour cette sombre nuit que nous avons en nous!

Que fait l'homme? La vie est-elle une aventure?
Que verra-t-on après et de l'autre côté?

 Y a-t-il mots plus simples pour dire l'énigme de vivre?

mardi, 11 juillet 2006

Hugo, c'est aussi quelqu'un...

qui a écrit ce texte :

 

Araginée monstre. Toile palais. Plafonds de filets. Voûtes de dentelles sinistres. Diaphragmes de gaze effrayants. hamacs de mousseline tamisant un jour livide à travers la poussière. Câbles, fils, réseaux, nasses, treillis, embûches. Entonnoirs. Couloirs. Antres. Mouches mortes çà et là. Les cadavres de deux maris de l'araignée aux deux derniers printemps pendus l'un à l'entrée, l'autre au fond de la caverne. Vidés, horribles.

(1860)

Surprenant et horrible, n'est-ce pas ? 

Toutes les notes