dimanche, 05 juillet 2009
Ce que voyait Victor Hugo
(...) Comme une feuille morte, échappée aux bouleaux,
Qui sur une onde en pente erre de flots en flots,
Mes jours s'en vont de rêve en rêve.
Tout me fait songer: l'air, les prés, les monts, les bois.
J'en ai pour tout un jour des soupirs d'un hautbois,
D'un bruit de feuilles remuées ;
Quand vient le crépuscule, au fond d'un vallon noir,
J'aime un grand lac d'argent, profond et clair miroir
Où se regardent les nuées.
J'aime une lune, ardente et rouge comme l'or,
Se levant dans la brume épaisse, ou bien encore
Blanche au bord d'un nuage sombre ;
J'aime ses chariots lourds et noirs, qui la nuit,
Passant devant le seuil des fermes avec bruit,
Font aboyer les chiens dans l'ombre.
"Enthousiasme", Les Orientales
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