mercredi, 29 avril 2009

Sèvres-Babylone, Gérard Carré, Syros Jeunesse

51FR1841C8L._SS500_.jpgCe court roman pourrait très bien faire le pendant de Les doigts rouges. Au lieu que le lecteur se fasse piéger, il voit comment une fausse accusation peut se préparer de toutes pièces.

Et ce parti pris de narration est d'autant plus réussi que le héros du livre est un écrivain qui écrit un roman qui s'appelle... Sèvres-Babylone.

L'émotion n'est pas non plus absente; donc, tout est parfait !

mardi, 28 avril 2009

Nom d'un oeuf! Béa Deru-Renard, Catherine Pineur, Pastel

pineuroeuf.jpgDiable, la vie est dure dans le poulailler...

Encore une histoire de vengeance et de jalousie, qui se termine de façon assez immorale, malgré les illustrations toutes mignonnes, quasi duveteuses.

Encore une histoire de "vilain pas beau" comme dirait Tauveron, thème privilégié chez les volailles (1), sans doute à cause du grand ancêtre Andersen. Cf. Poulette crevette (Françoise Guillaumond), Le petit chapon rond rouge, Poussin noir (Rascal).

(1) Bon, d'accord, il y a quand même d'autres animaux qui tiennent ce rôle : Pilotin (Léo Lionni), Okilélé (Claude Ponti), par exemple.

dimanche, 26 avril 2009

Sur les trois heures après dîner, Michel Quint, Scripto

surlestroisheuresaprsdner1.jpgJ'ai aimé. Beaucoup, beaucoup.

Bon, d'accord, comme le suggère la critique de Ricochet, on n'est pas loin du mélo (ce que reconnaît l'auteur lui-même, d'ailleurs). Mais halte à la bienpensance qui rend obscènes les grandes et belles émotions, excessives. Cela fait du bien, cette description de la passion adolescente. De la passion tout court.

Et de toute façon, il y a l'écriture qui fait la différence: le jeu de miroirs subtil avec Cyrano. Peu surprenant quand on lit sur le site d'Educnet un extrait d'une interview de Michel Quint: "le théâtre est aussi un contrepoids au réel et même plus que cela, une élucidation, un monde des ombres parallèle qu'il faut aller interroger comme dans l'Odyssée : on est sans arrêt en train d'aller voir dans ce monde de l'illusion ce qu'il en est du réel et ce qu'il en est de la vie qu'on a l'impression de vivre."

Et il y a la langue. Superbe car c'est la syntaxe qui est poétique. Pas de vocabulaire sorti de derrière les fagots, pas de métaphores. Juste la syntaxe et c'est magnifique. Démonstration :

"Il est trois heures d'après-midi maintenant, et c'est un autre anniversaire, où, chaque jour, la nuit me vient en dedans."

"Pas si grand, la trentaine à peine passée, des allures d'aventurier revenu de toutes les élégances, tout le cheveu blond en tempête, ce type était un immense sourire." (Bon, d'accord, il y a des métaphores, mais tellement naturelles qu'on croirait qu'elles n'en sont pas)."

"... à me donner des urticaires de jalousie s'ils n'avaient été si beaux ensemble, mes salauds qui s'aimaient, et si intouchables de cet amour..."

"... personne ne s'y est trompé, qu'on n'avait pas joué, juste vécu là tout ce qu'on pouvait avoir de vie ensemble, et c'était plus le prof et l'élève à leurs yeux, rien que deux vies confondues quelques instants et qui ne tiendraient plus que de ce souvenir jusqu'à la mort..."

"un être était là qui nous hanterait et ferait de nous ce que nous serons, éternellement, par-delà les beaux et vrais mirages du temps qui nous accompagne, un être, qui nous est entré au coeur à jamais."

 

samedi, 25 avril 2009

Le petit chapon rond rouge, Claude Marie, Motus

Un petit conte glacé, un peu dans la lignée de La vengeance de Germaine. Les illustrations, au trait allusif, arrivent à procurer des émotions très fortes avec trois fois rien : Maman poule et son poussin serrés l'un contre l'autre, le loup... (alors même que le parti pris de cette collection est de faire faire les illustrations par les auteurs, dont ce n'est pas le métier).petit chapon.gif

Encore un livre réussi chez cet éditeur qui avait déjà publié, dans la collection "Mouchoir de poche", Un n'oiseau des z'oiseaux, de Chantal Dupuy-Dunier ou le terrible Noémie lit et crie et bien d'autres perles noires.

Le passager de l'orage, Claire Gratias, Syros

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C'est un bon livre, à la frontière entre fantastique, policier et thriller. passager_orage.jpg

Le style n'évite pas toujours les lieux communs (volontaires? genre: "Nat tenta de tirer la porte vers lui, secoua la poignée, en vain. Il l'actionna de nouveau mais elle semblait coincée") mais la description de l'orage est assez réussie et surtout, le personnage central du roman est  attachant, meurtri par un secret.

La chute m'a beaucoup plu mais me pose quand même un problème narratif "grave", dont j'aimerais discuter avec ceux qui ont lu le roman. Quoique, peut-être, ... bref, j'aimerais partager ma petite (très petite, à vrai dire) idée avec quelqu'un!

Une analyse très pertinente sur le blog passiondeslivres ou chez Clarabel.

vendredi, 24 avril 2009

Animaux trouvés au coin d'une page, Jean Zéboulon, Etre

Le titre me paraissait de bon augure.chat zeboulon.jpg

Les illustrations sont superbes : elles rappellent les anciennes gravures des livres scientifiques et fleurent bon le cabinet de curiosités.

Mais les textes m'ont moins accrochée. Certains sont humoristiques : "Avec sa haute taille, la girafe est un animal très prisé des petits et des grands. Mai le succès ne lui monte jamais à la tête, il s'épuise en chemin." Mais parfois, l'humour semble un peu laborieux.

On croirait du Jules Renard, je crois que j'aime mieux Jules Renard...

mercredi, 22 avril 2009

Un petit chaperon rouge, Claude Clément, Isabelle Forestier

Modernisation, mais pas gratuite.clément pcr.jpg

Le PCR habite dans la cité des Bergeries (contrairement à ce que les stéréotypes pourraient laisser croire, ce n'est pas là que gît le danger: au contraire, le PCR y rencontre ses amis, qui s'inquiètent pour elle et lui font toutes sortes de recommandations).

Une image montre combien elle est l'héritière de sa grand-mère : toutes deux se ressemblent tellement, quand elles se regardent dans le miroir! Mais cette piste ne sera plus guère exploitée.

Spécificité de cette histoire: le PCR refuse d'aller rejoindre le loup dans le lit (ce qui fait penser que dans les autres versions, elle savait pertinemment qui était sous les draps...) et elle réussit à s'échapper. Ce qui n'empêche qu'elle soit traumatisée au point de s'enfermer dans le silence.

Tout cela est un peu didactique mais les illustrations, quoique violentes, sont belles. ("Au lieu de garder l'incident secret, tout le monde décida d'en parler, afin qu'il ne se reproduise pas.")

Le site de Claude Clément.

Le petit chaperon rouge, Perrault et Sarah Moon

moon pcr.jpgUne magistrale démonstration du pouvoir des images : elles permettent à Sarah Moon de partager sa lecture, son interprétation du conte, d'en infléchir la compréhension.

Une analyse sur le site du SNUipp.

Allez voir le blog d'une autre fan du PCR, Ribambelles et Ribambins.

Le petit chaperon rouge, C. Poslaniec et Edward Gorey

Une version rimée du PCR, qui reprend l'histoire des Grimm, à peu de choses près.

De très jolies illustrations qui renforcent encore le caractère décidé du PCR, qui ne s'en laisse pas conter.

Un aperçu sur le site de la BNF.

 

pcr poslaniec.jpg

Les trois petites soeurs et le petit Chaperon Rouge, M. Company et R. Capdevila

Autant l'avouer tout de suite, je ne suis pas une fan de Capdevila (surtout, en fait, de sa sorcière Camomille, mais j'aime bien chercher les petites souris dans les illustrations : pourquoi est-ce que je n'en trouve souvent que deux ?).

Bon, mais il faut admettre que les premières lignes de l'album pourraient fort bien engager un travail d'écriture intéressant: "Ce jour-là, Mal-Lunée la sorcière était vraiment très mal lunée. Pour se mettre en forme, elle décida de punir Marie, Lucie et Emilie chaque fois qu'elles feraient une bêtise. Allait-elles les changer en cafards? Bah! En crapauds? Bof! "Non, se dit-elle, je vais les obliger à vivre une aventure dangereuse dans un conte bien connu."

Sinon, c'est gentillet.

3 oetites soeurs et PCR.jpg

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