jeudi, 01 janvier 2009
A un passant (poème fantastique)
Un bel exemple du genre fantastique, dans le domaine de la poésie: Odes et Ballades, Victor Hugo
- Voyageur, qui, la nuit, sur le pavé sonore
- De ton chien inquiet passes accompagné,
- Après le jour brûlant, pourquoi marcher encore ?
- Où mènes-tu si tard ton cheval résigné ?
- La nuit ! – Ne crains-tu pas d'entrevoir la stature
- Du brigand dont un sabre a chargé la ceinture,
- Ou qu'un de ces vieux loups, près des routes rôdants,
- Qui du fer des coursiers méprisent l'étincelle,
- D'un bond brusque et soudain s'attachant à ta selle,
- Ne mêle à ton sang noir l'écume de ses dents ?
- Ne crains-tu pas surtout qu'un follet à cette heure
- N'allonge sous tes pas le chemin qui te leurre,
- Et ne te fasse, hélas ! ainsi qu'aux anciens jours,
- Rêvant quelque logis dont la vitre scintille
- Et le faisan, doré par l'âtre qui pétille,
- Marcher vers des clartés qui reculent toujours ?
- Crains d'aborder la plaine où le sabbat s'assemble,
- Où les démons hurlants viennent danser ensemble ;
- Ces murs maudits par Dieu, par Satan profanés,
- Ce magique château dont l'enfer sait l'histoire,
- Et qui, désert le jour, quand tombe la nuit noire,
- Enflamme ses vitraux dans l'ombre illuminés !
- Voyageur, qui, la nuit, sur le pavé sonore
- De ton chien inquiet passes accompagné,
- Après le jour brûlant, quand le repos t'invite
- Où mènes-tu si tard ton cheval résigné ?
-
- 22 octobre 1825 (II, p.768, des Oeuvres complètes, publiées par Jean Massin)
- 22 octobre 1825 (II, p.768, des Oeuvres complètes, publiées par Jean Massin)
11:58 Publié dans Hugo2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













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